Editions Stéphane Klein
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Biographie de Peter Klasen

1935
Le 18 août, naissance de Peter Klasen à Lübeck, la ville de Thomas mann. Il est le fils de Kate et Wilhelm Arnold Klasen. Il grandit dans un milieu très sensible aux arts. Son oncle Karl Christian, est peintre de paysages nordiques et son grand-père, Wilhem, mécène et collectionneur de tableaux.

1942
Le jour des Rameaux, en représailles contre le raid de la Luftwaffe sur Coventry, l’aviation anglaise attaque Lübeck. Peter Klasen assiste au bombardement nocturne de la ville de son enfance. La maison grand paternelle et la collection de tableaux sont détruites.

1943
Son père et son oncle partent pour le front russe. En 1945, son oncle est tué et son père porté disparu ; La famille vivra dix ans dans l’attente d’un hypothétique retour. En 1955, les derniers prisonniers allemands sont de retour. Klasen ne connaîtra jamais les circonstances de la mort de son père.

1945-1954
Jeunesse à Lübeck auprès de sa mère et de sa jeune sœur. Etudes au lycée Katharineum ; dessine et peint, lors de longues promenades solitaires, la campagne environnante et les bords de la mer baltique . Lit Dostoïevski, Kafka et Thomas Mann.

1955-1956
Traumatisé par la seconde guerre mondiale, Klasen éprouve quelques difficultés à se réadapter à une vie plus équilibrée. Après le lycée, il apprend la lithographie et découvre l’aérographe qui, beaucoup plus tard, deviendra son médium de prédilection. A 21 ans, il quitte Lübeck pour l’école des beaux-arts de Berlin. Celle-ci est alors l’école d’avant-garde et bénéficie de la présence de jeunes professeurs formés dans l’esprit du Bauhaus ou de l’expressionnisme allemand, tel Hann Trier, important peintre de l’école informelle, qui exercera une influence décisive sur Klasen. Il suit les cours de Willl Grohmann, Hans Richter et Karl Schmidt-Rottliff.

1959
Année cruciale. En juillet, il assiste au vernissage de la 2ème Documenta de Kassel, qui consacre l’abstraction. Il visite aussi la rétrospective Wols. Lauréat du « Kulturkreis », prix du mécénat de l’Industrie allemande sous la forme d’une bourse d’études d’un a, il part à Paris, avec l’intention d’y rester le plus longtemps possible. Première participation à une exposition dans le cadre d’ « Ars Viva » à Ratisbonne, Nuremberg et Leverkusen. Débuts à Paris difficiles. L’amitié et le soutien d’un autre artiste allemand rencontré à l’Ecole des beaux-arts de Berlin, Klaus Geissler aujourd’hui disparu, le réconfortent. Vivant dans une chambre de bonne, rue Bonaparte , isolé, il est incapable de peindre. Quand il n’est pas dans une salle de cinéma, il relit le Courrier Dada de Raoul Hausmann et des textes sur le Bauhaus. Il s’intéresse à Hugo Ball, Richard Hülsenbeck, John Heartfield, Schwitters et Max Ernst, ainsi qu’à la pratique du collage et de l’assemblage. Lors de la 1ère Biennale de Paris, en octobre, il remarque les œuvres des affichistes Dufrene, Hains et Villéglé et assistent à l’émergence des nouveaux réalistes : Klein, Spoerri et Tinguely.

1960
Klasen s’installe dans un atelier au 143 rue de Clignancourt.

1961
Apparition de l’image morcelée du corps de la femme qui va demeurer une constante dans l’œuvre de Klasen jusqu’en 1973 : Nausée (1961), La conscience du corps (1964), Femme piège, Sexe faible (1967). Les titres sont extraits de la presse à grand tirage.

1962
Geste pour un objet, au Centre américain : autour des tableaux-objets de Klasen se déroule une performance corporelle de Katherine Henry d’Epinoy. C’est la première fois que Klasen montre son travail en France . Corneille le présente à Mathias Fels et à Rosa Faure. A partir de cette date, Klasen réalise plus méthodiquement ses, « tableaux-rencontres » d’objets de connotation différente : fragments de visages, radiographies, lames de rasoir , ampoules, seringues, etc.…

1963
Première exposition, chez Mathias Fels, de la nouvelle tendance figurative regroupant Bertholo, Klasen, Reuterswärd, Télémaque et Jan Voss sous le titre « image à cinq branches ». Il y montre ses tableaux-objets Fast Serve et Fait divers.

1964
Exposition simultanée de Klasen et Gerhard Richter à la galerie Friedrich de Munich. Arrivée du pop art, alors appelé Néodada, en Europe. Gérald Gassiot-Talabot réunit lors de « Mythologies quotidiennes » trente quatre artistes figuratifs, non figuratifs et « faiseurs d’objets » au Musée d’art moderne à Paris.

1965
Klasen présente au Salon de la jeune Peinture une toile qui est refusée sous le prétexte qu’elle est inachevée. Zone interdite est acquise peu de temps après par le CNAC à l’initiative de Germain Viatte.

1966
Première exposition personnelle à Paris, galerie Mathias Fels, et à Anvers, galerie Ad Libitum. Participation à « Schèmes 66 » à Paris et à « Realismus der Symptome » à Leverkusen Visite, à l’atelier de la rue de Clignancourt, de Wim Wenders qui fréquente un atelier de gravure à Paris. Il peint un tableau prémonitoire de la suite de son œuvre, Porte entrouverte, experience de la limite, de l’acte de passage. Il pose, dans un style dépouillé, les questions essentielles sur l’existence de l’homme.

1967
Rencontre Franck Venaille, fondateur de la revue Chorus_dont le premier numéro présente un dossier sur son œuvre, ainsi que Pierre Tilman et Daniel Biga. Expose au pavillon français à l’exposition universelle de Montréal et participe à « Bande dessinée et Figuration narrative » au musée des Arts décoratifs, à Paris. Il obtient le prix Franz-Roh lors de « Collages 67 » à Munich et réalise pour le vernissage un immense collage qu’il découpe et diffuse dans le public.

1968
Invité par la fondation Maeght à « L’art vivant 1965-1968 » il réalise une installation, Bidet, en hommage à Marcel Duchamp.

1969-1970
Acquisitions par le Musée d’art moderne de Paris. Participe à « trois tendances de l’art contemporain en France » exposition itinérante en RFA, Belgique et Italie où il expose par ailleurs personnellement. Reçoit le prix d’Europe. Ses œuvres gagnent en précision, en froideur : Poignée de porte+oreille, Œil+grille, Chemise+Seringue.

1971
Première rétrospective « Ensembles et accessoires », dans un musée, à l’initiative de Pierre Gaudibert et Suzanne Pagé à l’ARC, Musée d’art moderne de la ville de Paris.

1972-1973
Installation rue de la procession. Deuxième exposition chez Mathias Fels. Fin de la période des tableaux binaires.


1974-1975
Début de la période des « enfermements ». Klasen représente des grilles, des barrières, des portes cadenassées grandeur nature, qui occupent la totalité de la toile frontalement, sans aucun arrière-plan ni fond. Première exposition personnelle dans un musée Allemand, le Wilhem-Lehmbruck Museum de Duisbourg, puis chez Karl Flinker, à Paris et chez Jacques Damase à Bruxelles. Parution des premières monographies par Alain Jouffroy et Pierre Tilman. Henri Michaux lui rend visite et parle à propos des toiles « d’étonnante dématérialisation des objets ».

1976-1978
Participe à « Mythologies quotidiennes II ». Exposition personnelle au musée de Grenoble. Participation à « Temps des Gares » au centre Georges Pompidou, à Paris. Rencontre Alin A.Avila. Fait la connaissance de Claudine d’Hellemmes à Lille.

1979-1980
Participe à « Figures de l’enfermement »à Elac, à Lyon, avec entre autres, Erro, Monory, Rancillac, Velickovic et Stämpfli, avec lesquels Klasen entretient « une amitié qui ne s’est jamais défaite ». Première exposition personnelle chez Adrien Maeght : « Espaces clos ». Exposition personnelle itinérante « Keep out », organisée par Wolfgang Becker à Aix-la-Chapelle,Utrecht,Lübeck et Berlin.

1981-1982
Premier séjour de Klasen à NewYork. Nombreuses photographies, notamement de graffiti et d’une immense porte blindée dans Mercer Street, qui sera à l’origine d’un tableau collectif, réalisé avec la participation d’une trentaine d’artistes, écrivains et collectionneurs. Claudine d’Hellemmes s’installe à Paris. Pour sa seconde exposition chez Adrien Maeght, Klasen présente des œuvres sur le thème de la dégradation de l’objet. Réalise une série de toiles sur l’écriture anonyme : Gegen ;I was here definitely.

1983
Klasen réalise pour l’exposition « tel peintre…quel maître ? » à la galerie ABCD, à Paris, « bonjour Monsieur S. », en hommage à schwitters. Nombreuses expositions collectives en France : « Douze artistes pour Avignon. La donation Lintas », « Concept et réalité », « 1960 » et « Electra ». Présente la série « Gestes et Effacements » chez Adrien Maeght à la FIAC.

1984
Réalisation d’une grande fresque éphémère, Récits et avis de recherche, Hiroshima pour « LE vivant et l’artificiel » à l’hospice Saint-Louis à Avignon. Exposition rétrospectives à Orléans, Châteauroux, Marseille, Annecy, Le Creusot et Dunkerque.

1985
Klasen aménage en habitation et en atelier une usine désaffectée à Vincennes. Expositions rétrospectives autour de la Figuration narrative à Valence et Nîmes. Réalise pour la Semurval de Valenciennes la peinture extérieur d’un autobus articulé.

1986
Premières œuvres sur le thème « le mur de Berlin », montées à l’occasion d’une rétrospective organisée par Peter Hopf au Kunstamt Wedding, à Berlin.

1987
Epouse Claudine d’Hellemmes. Importante rétrospective, « L’œuvre peint de 1960 à 1987 », à Aix-en-Provence. L’établissement public du musée d’Orsay lui commande une fresque murale pour la station SNCF/RER Quai d’Orsay. Première présentation en France du cycle sur le mur de Berlin, à Carcassonne.

1988
Lors d’un voyage à Berlin, nouvelle série de photographies du mur. Double exposition à Angers qui donne lieu à la réalisation en public de la dernière toile consacrée au cycle du mur. Fresque murales sur le parvis du pavillon des Arts, à Paris, et pour la mairie de Lille. Le 30 novembre naissance de sa fille Sydney.

1989
Premiers bronzes exposés au SAGA, à Paris . Rencontre Patrick Bongers. Double exposition à Paris sous le titre « Histoire de lieux ordinaires » à la galerie Louis Carré & Cie et chez Fanny Guillon- Lafaille. Début de la construction de l’habitation de l’atelier conçus par l’architecte Christophe Petitcollot, à Châteauneuf-de-Grasse.

1990
Klasen montre pour la première fois aux Etats Unis le cycle du mur de Berlin achevé en 1988, un an avant la chute du mur. Réalise la peinture de la Porsche 962 C pilotée par Philippe Alliot aux 24 Heures du Mans.

1991
Expositions personnelles à Tokyo et à Malmö. Réalise pour la galerie Louis Carré & Cie, à la FIAC, Shock Corridor Dead End, installation inspirée du film, du même nom, de Samuel Fuller.

1992
Participe à « Figurations critiques 1965-1975 »à l’Elac de Lyon. Le 28 avril naissance de sa seconde fille Joy. Exposition personnelle à la Guy Pieters Galery, à knokke-le-Zoute.

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