
Le 17 novembre 1928, Armand Fernandez naît à Nice, d’une double origine espagnoles et française.
Initié à la peinture par son père, amateur d’art et brocanteur, il s’inscrit à l’école des Arts Décoratifs de Nice, de 1947 à 1949, date à laquelle il quitte l’école, exaspéré par son extrême conservatisme. Sa rencontre avec Yves Klein, fin 47, dans un cours de judo, scellera une solide amitié, centrée sur la recherche et le questionnement de l’art.
Avec Martial Raysse, Yves Klein et Arman constitueront le pilier Niçois du groupe des nouveaux réalistes, orchestré, le 27 octobre 1960, par PPP.Restany, théoricien du mouvement.
En 1956, Armand présente sa première exposition personnelle,
à la Galerie du Haut Pavé, à Paris. En 1958,une erreur typographique, sur le catalogue de la Galerie Iris Clert,
le transforme en Arman. Quelques cinq cents expositions personnelles suivront, dont plusieurs rétrospectives, répercutées
par les plus grands musées et galeries internationales.
Avec l’avènement de l’objet industriel, érigé
en signe de langage, Arman présente une œuvre typée par la civilisation urbaine, Cachets répétitif (1955
), Allures d’objets ( 1959 ). Les objets sont mis en scène à travers les Accumulations et les Poubelles ( 1959 ) , les
coupes et Colères ( 1961 ), les Robots-Portaits ( 1961 ), puis dans le béton ( 1974 ), Conscious Vandalism ( 1975 ),
The Day After ( 1984 ), Transculptures ( 1987 ), Dirty Paintings ( 1988 ), Shooting Colors ( 1989 ), Atlantis ( 1990), Accumulations
de Collections ( 1993 ), Accumulations en relation ( 1994 ), Les Interactives ( 1996 ). Admirateur de Schwitters et de Duchamp, son
partenaire aux échecs, il crée une œuvre « d’abord mentale ». Il s’approprie le « dieu
produit » sous sa version quantitative : le zoo de la consommation
de masse qu’il détruit et recompose, pétrifie, dans un instant fragmentaire de sa réalité. Ready-made
modifiés, les bronzes de la statuaire antique prêtent leur corps perclus d’objets à la mémoire de
l’homme moderne, mutilé par ses panthéons inconscients et par les mécanismes qu’il invente ( Transculptures
en 1987 ). Les Accumulations Renault, en 1969, lui attirent la critique des milieux gauchistes. En 1970, il milite en faveur des droits
civiques des Black Panthers : c’est « L’Amérique coupée en deux ». Cette action, ajoutée aux
multiples happenings qui accompagnent son œuvre, lui vaut, Outre-Atlantique, un soupçon de soufre révolutionnaire.
Il ne manquera , non plus, d’offusquer la haute autorité chinoise, en réalisant une œuvre-performance, au sein
du Palais des peuples de Pékin… contribuant, en cela, à la sauvegarde de la Grande muraille ! Une centaine d’œuvres
monumentales le représente, sous différentes latitudes ( Etats-Unis, Europe, Liban, Corée, Japon…). Long Term
Parking (Jouy-en-Josas en 1982), les Valises et les Horloges de la Gare Saint Lazare ( Paris 1984 ), une commande commémorant
le bicentenaire de la Révolution Française et les Gourmandes ( Roanne 1992), complètent en France une trentaine
de ces installations. Espoir de paix, en 1995 célèbre, à Beyrouth, sur quarante mètres de haut et dans six
milles tonnes, le vœux pieux que l’humanité peut former pour elle même…
En 1998 une grande rétrospective a lieu à la Galerie Nationale du Jeu de Paume. Elle réunie plus de cent œuvres réalisées entre 1959 et 1997. La rétrospective voyage ensuite jusqu’en 1999, en Allemagne, au Portugal, en Israël et au Brésil. Arman, qui dissèque aussi la volonté de l’Artiste, revendique « une exacerbation des possibles poétiques dans la nostalgie du geste arrêté, un désir aussi, d ‘arrêter le temps dans un accident.
TITA REUT